Copyright © SEMPT 2016

Nous contacter

  • YouTube Social  Icon

Intercommunalité, démocratie et proximité

Suite au conseil communautaire de Cœur d’Estuaire du 13 octobre dernier, les trois élus minoritaires de la commune de Saint Etienne de Montluc membres de l’association « Saint Etienne de Montluc  Pour Tous », André Denou, Pascal Dubois et Cécile Sanz, ont souhaité  se positionner sur le projet de fusion entre les communautés de communes  Cœur d’Estuaire et Loire et Sillon.

Avec une échéance fixée au 1er janvier 2017, le calendrier est serré et légitimement contesté car bien préparer le « mariage » demande du temps (anticiper les compétences transférées, réaliser l’harmonisation fiscale…). Une année de plus aurait été la bienvenue ; en revanche changer le système en cours de mandat est judicieux, ce qui permet de s’appuyer sur les compétences des élus en place, plus disponibles entre deux campagnes électorales.

 

Il  nous semble également utile de rappeler que ce projet a été décidé par une grande majorité de nos élus nationaux à l'Assemblée Nationale et au Sénat, quelle que soit leur sensibilité politique, après de nombreuses discussions et concertations ; il ne s’agit donc pas d’un texte préparé en catimini et sorti d’un chapeau.

 

La démocratie et la proximité ne seraient pas respectées ?

 

Nous, élus minoritaires, attendons beaucoup de cette alliance :

Ce regroupement d’intercommunalités vise à faire jouer leur complémentarité, leur identité culturelle propre et leur proximité territoriale pour le développement économique, social, culturel ou encore environnemental ; il devra également répondre aux objectifs de cohésion territoriale en corrigeant les disparités entre communes et c’est probablement là que le bât blesse pour nos élus majoritaires de Cœur d’Estuaire car il s’agit d’un « mariage de raison » avant tout, destiné à dégager de nouvelles marges de manœuvre pour les citoyens, dans un contexte où 78% des usagers estiment que des économies budgétaires sont encore possibles.

Alors oui, la majorité en place de Cœur d’Estuaire devra faire œuvre de pédagogie et de conviction auprès de ses nouveaux partenaires, en particulier sur les projets couteux récemment votés, en investissement (Loirestua, aménagements des ZAC…), comme  en ingénierie d’étude (intervention du Cabinet Deloitte dans tous les dossiers structurants, pour une rémunération mensuelle comprise entre 30 000 et 50 000€…), pour les convaincre du bien-fondé des mesures locales en cours.

 

D’un autre côté, en matière de solidarité, le territoire de Loire et Sillon dispose déjà d’un CLIC et d’une mission locale dynamique, structures dont ont besoin nos 3 communes pour –respectivement- nos ainés et nos jeunes. Nul doute que l’adhésion à des structures existantes sera moins coûteux que si il avait fallu les assumer « seuls », autrement dit à trois communes.

 

Le « mariage d’amour » aurait consisté à intégrer la commune de Malville, privant ainsi l’intercommunalité de Loire et Sillon du 1/3 de ses ressources ; dès lors, comment s’étonner que le préfet refuse cette option, qui pour « habiller Paul, déshabille Jacques » ?

Enfin et surtout, bien située entre deux métropoles d’importance (Saint Nazaire et Nantes), cette nouvelle intercommunalité permettra de valoriser le territoire estuarien, de faire entendre à la fois la voix du monde rural et des rurbains qui ont choisi d’habiter Cœur d’Estuaire, et ce même si pour ces derniers leurs activités quotidiennes (travail, loisirs) les font se déplacer vers ces 2 grandes villes. Justement, en matière de déplacement, notre nouvelle intercommunalité aura pour enjeu de maintenir et développer une offre de transport adaptée.

 

Aussi, face aux défis à relever dès 2016 (apprendre à travailler ensemble, s’accorder sur les budgets, définir les priorités d’actions pour les populations, exercice de nouvelles compétences …) le fait que certains élus ne seront pas présents dans la future intercommunalité est un combat d’arrière-garde dont se moquent les citoyens, plus attachés à l’efficacité des services publics sans hausse de leurs impôts (61% des français – baromètre Delouvrier 2014).

Les nouvelles compétences transférées (maisons de service au public en 2017, eau et assainissement entre 2018 et 2020), vont faire des maires des acteurs indispensables pour mettre en place les moyens d’assurer la proximité et la gouvernance.

Les enjeux sont bien là et pas ailleurs, et nous ne doutons pas que, tout en s’ouvrant sur l’extérieur, nos élus locaux sauront propose aux Templiers, Cordemaisiens et Stéphanois les services publics dont ils ont besoin au quotidien, en transformant la contrainte de fusionner en opportunité pour le territoire de Cœur d’Estuaire.

 

Pour conclure, lors du prochain conseil municipal de Saint Etienne de Montluc, nous ne serons pas solidaires de la majorité pour voter un texte fondé sur la colère, la crainte du changement et de l’ouverture, même si ces réactions sont légitimes avec un calendrier de mise en œuvre aussi rapide et une baisse historique des dotations de l’Etat.

Article Presse

Ouest-France 28/10/2015

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now